Un principe simple : différer l'imposition
Le PER permet d'épargner en vue de la retraite tout en bénéficiant, sur option, de la déduction des versements volontaires de son revenu imposable de l'année. Concrètement, une partie de l'épargne placée réduit d'autant le revenu soumis à l'impôt, ce qui est particulièrement pertinent pour les contribuables fortement imposés une année donnée (revenu exceptionnel, cession d'entreprise, forte tranche marginale). Le plafond de déduction dépend des revenus professionnels et est réévalué chaque année : il convient de le vérifier précisément avant tout versement.
Le revers de la médaille : une fiscalité différée, pas supprimée
Déduire un versement aujourd'hui ne l'exonère pas d'impôt pour toujours : à la sortie, les sommes correspondant aux versements déduits seront réintégrées au revenu imposable (en cas de sortie en rente ou en capital), tandis que les plus-values générées supportent le prélèvement forfaitaire unique. Le PER n'est donc pas une exonération, mais un lissage dans le temps : pertinent lorsque la tranche marginale d'imposition à la retraite est susceptible d'être inférieure à celle de la vie active.
Trois compartiments, trois logiques
- Versements volontaires : déductibles du revenu imposable sur option, ou non déductibles avec une fiscalité de sortie allégée en contrepartie.
- Épargne salariale : issue de la participation, de l'intéressement ou de l'abondement de l'employeur, transférée sur le PER.
- Cotisations obligatoires : issues d'un régime de retraite d'entreprise, avec des règles de sortie spécifiques.
Sortie en capital, en rente, ou les deux
À la différence de ses prédécesseurs (PERP, Madelin), le PER offre une sortie possible en capital, en rente viagère, ou sous forme mixte, au choix de l'épargnant au moment du départ à la retraite (sauf pour les droits issus de cotisations obligatoires, dont la sortie en rente reste imposée par le régime d'origine). Cette souplesse permet d'adapter la stratégie de sortie aux besoins réels du moment : financer un projet, compléter un revenu régulier, ou combiner les deux.
Des cas de déblocage anticipé
L'épargne placée sur un PER est en principe bloquée jusqu'à la retraite, mais la loi prévoit des cas de déblocage anticipé : achat de la résidence principale (pour les versements volontaires et l'épargne salariale), invalidité, décès du conjoint, surendettement, expiration des droits au chômage, ou cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire.